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photos par Léa Colin et Igor Sovilj
Le Franchissement est un travail en duo avec la danseuse Pénélope Laurent-Noye que j'accompagne au violon à roue.
Lors des deux semaines de résidence, à Lyon, que nous avons consacré à ce projet, nous nous sommes peu à peu rendu compte de préoccupations communes dans nos disciplines respectives, ou plutôt ce "commun" est né d'une sorte d'observation inconsciente de l'autre.
La marche est une succession d'équilibres instables qui induit un mouvement. Lorsque l'on s'arrête, on retrouve un point de stabilité, une balise. Dans ce moment d'équilibre instable précédent le mouvement de chute, un micro instant, s'opère un choix: se laisser porter par le mouvement de la chute, le contredire, le dévier. Pénélope danse en chutant parfois jusqu'au sol, parfois volète d'un point d'extrême instabilité à un autre, parfois prend le temps d'hésiter sur le chemin dans lequel s'engager.
La corde d'un instrument vibre selon plusieurs modes, en créant des noeuds et des ventres de vibration. En frôlant la corde du doigt, l'instrumentiste peut forcer la corde à vibrer dans ces différents modes. Mais si l'indication de l'instrumentiste donnée à la corde n'est pas claire, alors la corde hésite entre deux modes, et naît alors un battement précaire, prêt à rompre.
le système d'archet circulaire du violon à roue permet particulièrement bien d'explorer ces qualités vibratoires des cordes car l'excitation est continue et stable.
Il s'agit donc pour moi de faire apparaître un battement précaire, de le maintenir à tout prix, et de sauter à un autre en gardant si possible l'énergie.































